Une prime de retour à l'emploi peut être attribuée, sous certaines conditions, aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), du revenu minimum d'insertion (RMI) ou de l'allocation de parent isolé (API) lorsque ceux-ci débutent ou reprennent une activité professionnelle. Cette prime, d'un montant forfaitaire de 1 000 euros, n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu. Les titulaires de l'allocation aux adultes handicapés peuvent, pour leur part, prétendre au versement de la prime exceptionnelle de retour à l'emploi, jusqu'au 31 décembre 2006.
Les dispositions présentées ici sont entrées en vigueur le 1er octobre 2006.
La prime de retour à l'emploi est versée aux bénéficiaires de l'une ou l'autre des allocations suivantes :
allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
allocation de parent isolé (API) ;
allocation de revenu minimum d'insertion (RMI).
Les personnes bénéficiaires du RMI, de l'ASS ou de l'API qui ont créé ou repris une entreprise ou conclu un contrat de travail avant le 1er octobre 2006 bénéficient de la prime exceptionnelle de retour à l'emploi dans les conditions fixées par le décret n° 2005-1054 du 29 août (JO du 30) dans sa rédaction en vigueur avant le 1er octobre 2006.
Pour bénéficier de la prime de retour à
l'emploi, les bénéficiaires de l'ASS, du RMI ou de l'API doivent
débuter ou reprendre une activité professionnelle au cours de la
période de versement de l'allocation.
Cette activité
professionnelle doit être exercée pendant quatre mois consécutifs.
Lorsque cette activité est salariée, la durée contractuelle doit être
au moins égale à 78 heures mensuelles, résultant de la conclusion d'un
ou plusieurs contrats de travail (CDD, CDI, CTT...).
Le bénéfice
de la prime de retour à l'emploi ne peut être accordé plus d'une fois
dans un délai de 18 mois, courant à compter du premier des 4 mois
d'activité mentionnés ci-dessus.
La liste des justificatifs exigés pour
l'ouverture du droit à la prime et attestant l'effectivité de la
reprise d'activité sera fixée par arrêté ministériel (à paraître).
Les
organismes chargés du versement de la prime vérifient les déclarations
des bénéficiaires. Pour l'exercice de leur contrôle, ces organismes
peuvent demander toutes les informations nécessaires, notamment aux
administrations publiques, aux organismes de sécurité sociale et aux
institutions gestionnaires du régime d'assurance chômage qui sont tenus
de les leur communiquer. Les informations demandées sont limitées aux
données strictement nécessaires à l'attribution de la prime.
La prime de retour à l'emploi est versée en une seule fois. Son montant est fixé à 1 000 euros, Cette prime n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu. Elle est en outre incessible et insaisissable.
La prime de retour à l'emploi est versée à
compter de la fin du 4e mois d'activité professionnelle. Toutefois,
lorsque la reprise d'activité résulte de la conclusion d'un ou
plusieurs CDI ou d'un ou plusieurs CDD de plus de 6 mois, la prime est,
à la demande de l'intéressé, versée par anticipation dès la fin du 1er
mois d'activité.
La prime est versée par l'organisme chargé du
versement de l'allocation y ouvrant droit : ASSEDIC s'il s'agit de
l'ASS, caisse d'allocations familiales (ou caisse de MSA pour les
personnes qui relèvent du régime agricole) s'il s'agit de l'API ou du
RMI. Lorsqu'une personne bénéficie simultanément de l'ASS et de l'API
ou du RMI, la prime lui est versée en sa qualité de bénéficiaire de
l'ASS ; lorsqu'une personne bénéficie simultanément du RMI et de l'API,
la prime lui est versée en sa qualité de bénéficiaire de l'allocation
parent isolé.
Outre le remboursement des sommes perçues à
tort (voir ci-dessus), le fait de bénéficier frauduleusement ou de
tenter de bénéficier frauduleusement de la prime de retour à l'emploi
est passible d'une amende de 4 000 euros. En cas de récidive, ce
montant est porté au double. Si les faits peuvent être qualifiés
d'escroquerie au sens du Code pénal, la peine est de cinq ans
d'emprisonnement et de 375000 euros d'amende.
De plus,
l'inexactitude ou le caractère incomplet, lorsqu'ils sont délibérés,
des déclarations faites pour le bénéfice de la prime de retour à
l'emploi, ainsi que l'absence de déclaration d'un changement dans la
situation justifiant ce bénéfice, ayant abouti à des versements indus,
peuvent être sanctionnés par une pénalité d'un montant maximal de 3 000
euros, prononcée par le représentant de l'Etat après consultation d'une
commission où sont représentées l'Assédic et l'ANPE. Cette décision est
motivée et susceptible de recours devant le tribunal administratif.
Lorsqu'il
envisage de prononcer cette pénalité, le préfet doit informer
préalablement par écrit la personne concernée des faits qui lui sont
reprochés et de la pénalité envisagée, en lui indiquant qu'elle dispose
d'un délai d'un mois pour présenter ses observations écrites ou pour
demander à être entendue par la commission visée ci-dessus, le cas
échéant assistée d'une personne de son choix. La commission émet son
avis dans un délai de 30 jours à compter de la réception du dossier
complet. Si elle ne s'est pas prononcée au terme de ce délai, son avis
est réputé rendu. Le préfet se prononce dans un délai de 15 jours à
compter de la réception de l'avis de la commission ou de l'expiration
du délai de 30 jours dont dispose la commission.